[Les fleurs du Mal - Hymne à la Beauté - Charles Baudelaire]

 [Les fleurs du Mal - Hymne à la Beauté - Charles Baudelaire]

Viens-tu du ciel profond ou sors-tu de l'abîme,
O Beauté ? ton regard, infernal et divin,
Verse confusément le bienfait et le crime,
Et l'on peut pour cela te comparer au vin.

Tu contiens dans ton ½il le couchant et l'aurore ;
Tu répands des parfums comme un soir orageux ;
Tes baisers sont un philtre et ta bouche une amphore
Qui font le héros lâche et l'enfant courageux.

Sors-tu du gouffre noir ou descends-tu des astres ?
Le Destin charmé suit tes jupons comme un chien ;
Tu sèmes au hasard la joie et les désastres,
Et tu gouvernes tout et ne réponds de rien.

Tu marches sur des morts, Beauté, dont tu te moques ;
De tes bijoux l'Horreur n'est pas le moins charmant,
Et le Meurtre, parmi tes plus chères breloques,
Sur ton ventre orgueilleux danse amoureusement.

L'éphémère ébloui vole vers toi, chandelle,
Crépite, flambe et dit : Bénissons ce flambeau !
L'amoureux pantelant incliné sur sa belle
A l'air d'un moribond caressant son tombeau.

Que tu viennes du ciel ou de l'enfer, qu'importe,
O Beauté ! monstre énorme, effrayant, ingénu !
Si ton ½il, ton souris, ton pied, m'ouvrent la porte
D'un Infini que j'aime et n'ai jamais connu ?

De Satan ou de Dieu, qu'importe ? Ange ou Sirène,
Qu'importe, si tu rends, – fée aux yeux de velours,
Rythme, parfum, lueur, ô mon unique reine ! –
L'univers moins hideux et les instants moins lourds ?


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# Posté le mardi 03 juin 2008 19:24

[J'aime pas l'amour - Olivia Ruiz]

[J'aime pas l'amour - Olivia Ruiz]

C'est toujours la même chose
Même histoire, même parcours
Mêmes mots, mêmes roses
Mêmes yeux de velours

J'aime pas l'amour

A chaque fois voilà
C'est reparti pour un tour
Les chabadabada
Sur la plage de Cabourg

J'aime pas l'amour

Et ces "Main dans la main"
Et ces "toujours toujours"
On connaît le refrain
Un petit air balourd
Des paroles de rien
Même pas d'Aznavour
C'est dire si ça craint

J'aime pas l'amour

J'crois pas au prince charmant
Le coq dans la basse-cour
Ses blablas, c'est du flan
Et ça manque d'humour

J'aime pas l'amour

En v'la du baratin
Tout gluant de glamour
C'est du Pascal Jardin
Dans ses plus mauvais jours

J'aime pas l'amour

Et la main dans la main
C'est pour toujours toujours
Il est beau le vaurien
Le gentil troubadour
Dès le lendemain matin
Il ressemble à Gainsbourg
C'est dire si ça craint

J'aime pas l'amour

Si tu crois me séduire
Ah ce que tu te goures
Je suis sourde au désir
Et le désir rend sourd

J'aime pas l'amour

Pas de main dans la main
Pas de toujours toujours
On sait c'que ça devient
C'est un compte à rebours
Avant le coup d'surin
Des adieux sans retours
Des Valmy, des Verdun
Et des chagrins d'amour


# Posté le dimanche 01 juin 2008 07:09

[L'internationale]

[L'internationale]


Debout les damnés de la terre
Debout les forçats de la faim
La raison tonne en son cratère
C'est l'éruption de la fin
Du passe faisons table rase
Foules, esclaves, debout, debout
Le monde va changer de base
Nous ne sommes rien, soyons tout

C'est la lutte finale
Groupons-nous, et demain
L'Internationale
Sera le genre humain


Il n'est pas de sauveurs suprêmes
Ni Dieu, ni César, ni tribun
Producteurs, sauvons-nous nous-mêmes
Décrétons le salut commun
Pour que le voleur rende gorge
Pour tirer l'esprit du cachot
Soufflons nous-mêmes notre forge
Battons le fer quand il est chaud.

L'état comprime et la loi triche
L'impôt saigne le malheureux
Nul devoir ne s'impose au riche
Le droit du pauvre est un mot creux
C'est assez, languir en tutelle
L'égalité veut d'autres lois
Pas de droits sans devoirs dit-elle
Egaux, pas de devoirs sans droits.

Hideux dans leur apothéose
Les rois de la mine et du rail
Ont-ils jamais fait autre chose
Que dévaliser le travail
Dans les coffres-forts de la bande
Ce qu'il a crée s'est fondu
En décrétant qu'on le lui rende
Le peuple ne veut que son dû.

Les rois nous saoulaient de fumées
Paix entre nous, guerre aux tyrans
Appliquons la grève aux armées
Crosse en l'air, et rompons les rangs
S'ils s'obstinent, ces cannibales
A faire de nous des héros
Ils sauront bientôt que nos balles
Sont pour nos propres généraux.

Ouvriers, paysans, nous sommes
Le grand parti des travailleurs
La terre n'appartient qu'aux hommes
L'oisif ira loger ailleurs
Combien, de nos chairs se repaissent
Mais si les corbeaux, les vautours
Un de ces matins disparaissent
Le soleil brillera toujours.


# Posté le vendredi 30 mai 2008 09:23

[All cats are Grey]

[All cats are Grey]
*

[I never thought that I would find myself
In bed amongst the stones
The columns are all men
Begging to crush me
No shapes sail on the dark deep lakes
And no flags wave me home
]

Je ferme les yeux, je sombre dans l'infini, je plonge dans l'éternité. Je te vois, là, mon ange, mon démon, je ne peux te voir que dans ce rêve qui me hante. Celui que je fais toutes ces nuits passées loin de toi.
Je m'approche, un pas, puis deux, qui remuent mes ténèbres. Soudain, la pluie qui semble m'éloigner de toi, tu recules, malgré toi, je tends le bras, ne fuis pas, ne m'abandonne pas, pas encore, pas cette fois, je ferais n'importe quoi pour te sentir près de moi, si près, tout près. Je t'en pries, ne pleure pas, ne pars pas, reviens vers celle qui t'appelle, qui ne pense et ne pleure que pour toi.
Regarde-moi, ne m'oublie pas. Prend ma main.
Tu tends le bras. C'est bien, c'est mieux. Reviens vers moi.
Nos mains sont si proches que je peux presque sentir ce frisson qui te parcoure. Encore, approche, ne crains rien, aies confiance, mon mauvais ange, mon doux démon.
Tu prends ma main. Un éclair traverse et déchire le ciel. Je ne veux pas entendre cette voix en moi. Cette voix tyrannique qui me demande, qui m'ordonne d'ouvrir les yeux.
Nos corps sont presque collés, tout est rapide autours. Mais tout semble si lent. Coupées du monde, enfin, il y a toi, il y a moi, mais mieux encore, il y a nous. Et je veux que ce moment dure l'éternité toute entière, que le monde meurt avant notre étreinte, que tout s'arrête pour laisser place aux battements de nos c½urs.
Je ferme les yeux, et quand je les ouvre à nouveau, je ne sens plus ta main dans la mienne, je ne sens plus nos corps enlacés et nos c½urs battre à l'unisson. Tu n'es plus là. Et tout ce que je sens, ce sont les larmes perler encore sur mes joues.


[In the caves
All cats are grey
In the caves
The textures coat my skin
In the death cell
A single note
Rings on and on and on
]

# Posté le lundi 26 mai 2008 13:15

[Sans décrocher - Superbus]

[Sans décrocher - Superbus]

J'y repense encore, sans jamais décrocher
Mon estomac se tord, mes yeux sont mouillés
Je fais des efforts depuis que tu m'as laissé
Mais quand je m'endors je n'fais que penser

A toi......

J'ai près de mon lit, les mots que tu m'as laissé
Je lis et je relis, mes yeux sont mouillés
Je fais des efforts depuis que tu m'as laissé
Mais quand je m'endors je n'fais que penser

A toi......


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# Posté le vendredi 23 mai 2008 10:20

Modifié le vendredi 23 mai 2008 13:47